Commentaire parashat Vayélèkh

 Parashat Vayélèkh

Lien original en anglais du KJA : Parashat Vayélèkh


Notes de l’auteur : 


Yéchayahou 1:16-19
"Lavez-vous, purifiez-vous, ôtez de devant mes yeux la méchanceté de vos actions ; cessez de faire le mal. Apprenez à bien agir, recherchez la justice, secourez l’opprimé ; faites droit à l’orphelin, défendez la veuve. Venez donc, je vous prie, et plaidons ensemble, dit YHWH : si vos péchés sont comme l’écarlate, ils deviendront blancs comme la neige ; s’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine. Si vous voulez bien obéir..."


Il y a une sainteté du lieu – le Mishkan, une sainteté du temps – c’est-à-dire le Shabbat, et une sainteté des personnes. La sainteté du temps est intrinsèque, la sainteté du lieu est intrinsèque tant que le lieu existe physiquement, mais la sainteté de la personne dépend de l’état spirituel et des actions de l’individu qui influencent cet état de sainteté. Israël doit être un peuple saint, consacré aux voies de YHWH : « Vous serez saints, car moi, YHWH, votre Elohim, je suis saint. » (Vayyiqra 19:2) Nous sommes une nation mise à part pour la sainteté, et nous atteignons cette sainteté en accomplissant à la fois les mitsvot éthiques/morales et les mitsvot cultuelles/rituelles de la Torah dans un équilibre. Les mitsvot éthiques/morales ne sont pas supérieures aux mitsvot cultuelles/rituelles, ni l’inverse, car YHWH a ordonné les deux : ce sont deux moitiés d’un même tout. Observer ses voies est analogue à la respiration : nous ne pouvons pas rester en vie sans respirer, et nous ne pouvons pas respirer sans à la fois inspirer et expirer. Pour survivre, nous avons besoin de sa Torah ; et, tout comme pour la respiration, nous n’avons pas le luxe de choisir seulement l’inspiration ou seulement l’expiration, de même avec sa Torah nous n’avons pas le privilège de choisir seulement les mitsvot éthiques/morales ou seulement les mitsvot cultuelles/rituelles !


La sainteté est essentiellement bonne. Être saint, c’est être juste. La justice n’est pas un idéal inaccessible, mais quelque chose de parfaitement atteignable et à la portée de tout être humain. La justice inclut non seulement ce que nous considérons comme relevant du domaine de la justice, mais aussi d’autres aspects de la moralité. Le mot hébreu Tsédèq [justice] exprime un principe qui inclut la droiture et les actions justes, la vérité, le fait de dire et faire ce qui est correct. C’est aussi la racine du mot hébreu désignant la charité, et signifie donc faire preuve de générosité, de bonté et de sollicitude. Être un Tsadiq [juste], c’est avoir intégré et maîtrisé ces principes.

Le roi Shélomo a dit avec sagesse : « S’ils pèchent contre Toi – car il n’y a pas d’homme qui ne pèche point » (1 Rois 8:46) – nul être humain n’est sans péché ! Ainsi, nous péchons tous, et pécher ne signifie pas nécessairement être dans une rébellion ouverte contre la Torah. Parfois nous péchons par inadvertance, sans même nous en rendre compte ; parfois c’est une faiblesse passagère ou un simple oubli. Nous ne péchons donc pas parce que nous serions des pécheurs par nature, mais nous sommes appelés pécheurs parce que nous péchons !


Les trois niveaux de péché

La Torah distingue trois degrés de faute : « toutes les iniquités (avon/עָוֹן) des enfants d’Israël, toutes leurs transgressions (Pésha’/פֶשַׁע), tous leurs péchés (חֵטְא/’Hèt) » (Vayyiqra 16:21) et encore : « qui pardonne l’iniquité (עָוֹן), la transgression (פֶשַׁע) et le péché (חֵטְא) » (Chémot. 34:7).


  • [חֵטְא – ḥet’ : péché]
    C’est la forme la moins grave. Le mot vient de la racine חטא qui signifie « manquer » (comme une flèche manquant sa cible). C’est donc un échec à suivre le bon chemin, une chute, un écart qui sépare de YHWH. Cela inclut le péché inévitable ou involontaire. Exemple de péché inévitable : l’impureté liée à l’accouchement (Vayyiqra. 12:6-8). Exemple de péché involontaire : allumer machinalement une bouilloire un matin de Shabbat par habitude, avant de réaliser. (L’exemple de l’auteur provient de son interprétation des lois du Shabbat qui fait partie des interprétation les plus “radicales”)

  • [עָוֹן – ‘avon : iniquité]
    Issu de la racine עוה (« tordre, dévier »). C’est une faute engendrée par des passions incontrôlées. La personne se détourne du bien, son tempérament l’entraîne au mal. C’est commis sciemment mais sans révolte directe contre YHWH. Exemple : adultère, inceste, idolâtrie – souvent comparée à une infidélité conjugale envers YHWH dans le livre d’Osée.

  • [פֶשַׁע – pésha‘ : transgression, rébellion]
    C’est la forme la plus grave, une rébellion consciente, en défi ouvert contre YHWH. C’est une attitude où l’individu se fait son propre juge, décidant seul du bien et du mal. Exemple : voler un objet qui t’a été confié et nier l’avoir pris.


La téshouva (repentance)


Yéchayahou 1:16-19, nous apprenons que le juste n’est pas seulement celui qui s’abstient du mal, mais celui qui recherche activement le bien et le bien-être des autres. La justice est une démarche active, non passive. La vraie repentance consiste à rétablir l’équilibre. Nos expériences sont les matériaux bruts de nos vies ; elles doivent être intériorisées et assimilées – elles font de nous ce que nous sommes. Un insensé est celui qui ne tire aucun enseignement de son vécu. Puisque, comme l’a dit Shélomo, nous péchons tous (nous manquons tous la cible), il doit exister un moyen de réparer nos erreurs. La Torah enseigne que ce moyen est la repentance.

C’est un grand don que YHWH nous a accordé :

  • « Si mon peuple, sur qui est invoqué mon Nom, s’humilie, prie, recherche ma face et se détourne de ses mauvaises voies, alors moi, des cieux, j’écouterai et je pardonnerai leur péché. » (2 Chr. 7:14)

  • « Et quand le méchant revient de toute la méchanceté qu’il a commise, qu’il pratique le droit et la justice, il sauvera son âme. Parce qu’il voit et se détourne de toutes ses transgressions qu’il avait commises, il vivra, il ne mourra pas. » (Ézéchiel 18:27-28)

Les 7 étapes de la repentance véritable :

  1. Reconnaître la faute.

  2. Ressentir la culpabilité et le regret.

  3. Résoudre fermement de ne pas recommencer.

  4. Détester l’acte, en soi-même et chez les autres.

  5. Demander pardon à la personne lésée.

  6. Réparer la faute selon la Torah ; si impossible, accomplir une forme de pénitence.
    (À l’époque du Temple, on apportait alors le sacrifice correspondant. Depuis la destruction du Temple, nous ne pouvons plus offrir de sacrifices. Mais les Écritures nous enseignent : « Les sacrifices d’Elohim sont un esprit brisé ; un cœur brisé et contrit, ô Elohim, tu ne mépriseras pas » (Ps. 51:19) ; et : « Car je prends plaisir à la fidélité et non au sacrifice, à la connaissance d’Elohim plutôt qu’aux holocaustes » (Osée 6:6)).

  7. Demander pardon à YHWH.

Cette dernière étape ne peut être authentique que si toutes les précédentes ont été accomplies.


Le Livre de Qohelet (Ecclésiaste) dit :
« Mais souviens-toi de ton Créateur aux jours de ta jeunesse, avant que viennent les mauvais jours, et que s’approchent les années dont tu diras : je n’y prends aucun plaisir. » (Qohelet 12:1)

Ainsi, la repentance ne doit pas être remise à plus tard, mais accomplie sans délai. Car la repentance de la jeunesse, quand la tentation est encore vive et que la possibilité de pécher demeure, est plus méritoire que celle de la vieillesse, où les désirs se sont éteints et où les attraits du péché ne séduisent plus.


Commentaires

  1. Shabbat shalom ! Je me permets deux remarques :

    La première : "accoucher" n'est en rien un péché...heureusement d'ailleurs sinon cela fait longtemps que l'humanité serait éteinte...humour ! L'impureté liée à l'accouchement n'est pas un péché c'est naturellement l'écoulement du sang et de du placenta...il s'agira donc de bien laisser au corps le temps de se "nettoyer" naturellement, de faire ce que l'on appel "place nette" !

    La deuxième remarque concerne la référence d'Ezéchiel 18:27-28...y-a pas plus clair concernant le fameux "jésus" qui avec son sang sauverait nos âmes...ben non c'est faire téchouva et obéir à la Torah...tout simplement...clin d'oeil !

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